Permis suspendu sans avoir conduit : ce que change la loi RIPOST
Jusqu'à cet été, le préfet ne pouvait suspendre un permis qu'à la suite d'une infraction au Code de la route. Ce n'est plus le cas. Depuis le 20 août 2026, la loi RIPOST permet de suspendre le permis d'une personne qui n'était pas au volant, à condition qu'elle ait commis en réitération l'infraction d'usage de stupéfiants.
Ce que prévoit la loi RIPOST
La loi n° 2026-798 du 18 août 2026 modifie l'article L. 224-7 du Code de la route. Ce texte permet au préfet, saisi d'un procès-verbal, de prononcer à titre provisoire un avertissement ou une suspension du permis, s'il n'estime pas devoir classer l'affaire. Il ne visait jusqu'ici que des infractions routières. Il couvre désormais l'usage illicite de stupéfiants (article L. 3421-1 du Code de la santé publique) lorsqu'il est commis en réitération.
Concrètement, un simple contrôle pour usage de stupéfiants, sans véhicule ni trajet, peut déboucher sur une suspension administrative du permis.
« Récidive » ou « réitération » : une nuance qui change tout
Le texte ne parle pas de récidive. La réitération (article 132-16-7 du Code pénal) désigne le fait de commettre une nouvelle infraction après une condamnation définitive pour un crime ou un délit, sans que les conditions de la récidive légale soient réunies. Elle est donc plus large que la récidive. Toute personne déjà condamnée définitivement qui est à nouveau verbalisée pour usage de stupéfiants peut être concernée, même si la première condamnation portait sur autre chose.
Reste à voir comment les préfectures établiront cette réitération en pratique.
Quelle durée de suspension ?
En l'absence de conduite, la suspension ne peut pas dépasser six mois (article L. 224-8 du Code de la route). Ce plafond est porté à un an lorsque l'infraction est une conduite après usage de stupéfiants. La mesure est provisoire et administrative : elle est décidée par le préfet, sans attendre un jugement.
Le Conseil constitutionnel a validé le dispositif
Saisi par des parlementaires, le Conseil constitutionnel a jugé le 14 août 2026 (décision n° 2026-915 DC) que cette mesure est conforme à la Constitution. Il retient que le législateur a voulu prévenir le danger des consommateurs de stupéfiants susceptibles de conduire. Il relève que la suspension suppose une réitération et que sa durée est plafonnée. Selon lui, l'atteinte à la liberté d'aller et venir n'est donc pas manifestement disproportionnée.
La contestation ne passera donc pas par l'inconstitutionnalité du texte. Elle se jouera sur les faits : la réalité de la réitération, la régularité de la procédure, la proportionnalité de la mesure dans la situation de l'intéressé.
Que faire si vous recevez un arrêté de suspension ?
L'arrêté préfectoral est une décision administrative. Il peut être contesté devant le tribunal administratif, au fond et en référé-suspension lorsque l'urgence le justifie, ce qui est fréquent pour quelqu'un qui a besoin de son permis pour travailler. Les délais de recours sont courts. Il ne faut pas attendre pour agir.
En parallèle, l'usage de stupéfiants reste une infraction pénale. Les poursuites devant le tribunal judiciaire de Toulon et la mesure préfectorale sont deux procédures distinctes, à coordonner dès le départ.
Un avocat pour votre permis suspendu à Toulon et dans le Var
Le cabinet Julien Macia Avocat, spécialisé en droit pénal et en droit routier, vous accompagne face à une suspension préfectorale du permis, devant le tribunal administratif comme devant le tribunal judiciaire. Si vous cherchez un avocat pour un permis suspendu à Toulon ou dans le Var, contactez le cabinet dès réception de l'arrêté ou de la convocation.